Aux abords de l’Oman, les dunes souples laissent place à une nouvelle géométrie de l’horizon. Le paysage se creuse, se plisse et, oui, des montagnes se dressent. Sitôt la frontière passée, on pénètre un décor tout pierre et ciel, étrangement lunaire.
Le berceau des wadis offre aux touristes que nous sommes un lieu de rêve pour bivouaquer : quelques arbres, des rochers resserrés, un cours d’eau. On passe la soirée autour du feu en blaguant comme des ados. Les côtelettes chantent sur la braise, les shamallows font la ronde autour des flammes.
Au saut du matelas (crevé) le lendemain, on gravit un proche sommet pour contempler l’espace minéral et silencieux. Même les ânes semblent jouer les statues. Leurs oreilles sont aussi pointues que les arêtes alentour.
A mille lieues de l'austérité omanaise, la poésie de Charles Cros m’enchante ces jours-ci. Je le connaissais à peine. Régal d’une plume vive et désabusée qui s’est bien mal fait reconnaître de ses contemporains.
Moi je veille et je fais ces vers
Qui laisseront tout l'univers
Sans désastre et sans incendie ;
Et demain, au soleil montant
Tu souriras en écoutant
Cette tranquille mélodie.
Qu'en dites-vous ?